Qui doit-on remercier pour cette bonne nouvelle ?
On y est !
Le modèle d’agence : céquoidonc ?
Pour simplifer, disons que le modèle d’agence est un système qui permet aux éditeurs de ne plus négocier avec chaque détaillant, mais de fixer le prix des ebooks, ainsi que de fixer la rémunération des distributeurs à 30 %.
Ainsi, les éditeurs fixent leur prix, mais dans une fourchette comprise entre 12,99 et 14,99 $, et 9,99 $ dans certains cas exceptionnels qui sortent du cadre de ce billet.
Cela fait penser au système Français de prix unique du livre, d’une certaine manière.
Les distributeurs, premières victimes :
Tous les distributeurs doivent désormais proposer le même prix. Le prix n’est donc plus un avantage commercial, et c’est une partie de ce qui plait aux éditeurs qui y voient une solution pour éviter de tirer les prix vers le bas en permanence.
Côté distributeurs, c’est une catastrophe pour les petits, qui n’ont plus aucun argument commercial face aux gros, ainsi que pour ceux spécialisés dans le discount. Même Amazon est ébranlé, avec une stratégie qui reposait sur un modèle à 9,99 $.
Un coup de maître pour Apple…. Avec ce modèle d’agence, Apple a pu forcer la main à Amazon et à Google car les éditeurs ont exigé les mêmes conditions. Cela permet désormais à Apple d’être imbattable sur les prix, alors que l’iPad va être lancé.
Le seul argument de la concurrence peut désormais se faire sur l’ergonomie, la grande spécialité d’Apple.
C’est le consommateur qui va devoir payer la facture…
Dès aujourd’hui, les prix remontent partout : de 9,99 $, on va donc passer à 12,99 voire à 14,99 $. On en parle déjà beaucoup outre-atlantique, et deux des éditeurs sur Amazon devraient monter leurs prix, aujourd’hui fixés à 9,99$.
Alors que les consommateurs sont en colère de voir arriver cette augmentation, certains éditeurs Français applaudissent le principe. Pas les prix, non, puisqu’en France, nos éditeurs préféreraient les monter beaucoup plus pour les aligner sur le prix du papier.
Quel impact à long terme ?
Un frein pour l’ebook. Tous les chiffres démontrent (ceux d’Amazon en tête) que le marché de l’ebook passera d’un marché minuscule à un marché de masse en fonction du positionnement par rapport à la barre des 10 $. Passer au dessus (et pas qu’un peu) est suicidaire pour les ventes d’ebooks.
Mais cela pourrait n’être que temporaire…. Les quelques géants de l’édition qui n’ont pas signé (on pense entre autres à Random House), ainsi que des maisons d’éditions plus modestes et même les auteurs en auto-édition y voient à coup sûr une opportunité pour exister.
Dans le cas d’un auteur, passer directement par le distributeur lui permettra de garder 70% du prix de vente. Une marge de manoeuvre largement suffisante pour à la fois baisser les prix et augmenter ses revenus.
Le début d’une guerre des prix ? C’est très probable ! En fixant les prix, Apple a en fait lancé un processus d’équilibrage.
Les grands éditeurs montent les prix, d’autres font le choix de baisser, prennent des parts de marché. Pour récupérer ces clients partis à la concurrence, ils doivent alors abandonner ou assouplir leur modèle, et baisser leurs prix. Le consommateur, par son attitude, a donc le pouvoir de décider de la politique des prix.
Et si Apple avait déjà un coup d’avance et avait déjà calculé tout cela ?
En conclusion :
La bonne nouvelle est que le consommateur va avoir un bel indicateur. Il peut voir de manière claire et indiscutable ceux qui prennent en compte l’ attente de baisse des prix, et ceux qui sont prêts à y répondre à coups d’augmentations.
Parfois, les actes sont plus parlants que les discours…

Avec un partage de revenus à 63% pour les éditeurs avec le futur service Google Editions, Apple n'a pas "forcé la main" à Google qui avait annoncé ce chiffre dès la foire du livre de Francfort en 2009.
Si tu parles aux petits libraires, ils te diront justement l'inverse de ce que tu écris à savoir qu'ils réclament ardemment un modèle d'agence pour ne pas être en concurrence avec les gros. Aux USA où il n'y a pas de prix unique du livre, Amazon vend à perte ses ebooks à 9.99 USD ce que ne peut pas faire un indépendant.
Mais dans l'esprit je suis d'accord avec toi, les lecteurs sont les dindons de la farce avec des ebooks entre 10 et 15 EUR.
Bonjour,
Je connais ce chiffre du 63% de la foire de francfort, et sur lequel j’avais fait un billet. Mais plus récemment (de mémoire dans la semaine qui a suivi l’annonce du modèle d’agence), un chiffre de 70% a été envisagé pour Google éditions. Selon certaines informations (je pense à Gizmodo US entre autres), Google était d’accord pour adopter le système 70% contre 30%, comme Apple le propose. Je me rappelle clairement avoir lu plusieurs autres articles dont les auteurs expliquaient avoir été étonnés d’une acceptation de principe aussi rapide de ces nouvelles conditions, alors qu’ils s’attendaient à un rapport de force avec Google. Mais je vais bien entendu revérifier ces informations.
Quand je parlais de « petits » distributeurs, je pensais en fait aux distributeurs Américains, (ce billet concerne en effet surtout les états-unis). Les libraires Français, avec tout le respect que je leur dois, ne sont pas de « petits distributeurs » d’ebooks comparables à des ebooks.com, diesel-ebooks, fictionwise, etc…Pour ces derniers, les stratégies reposaient parfois sur de grosses promotions désormais interdites…voilà pourquoi j’ajoutais « Même Amazon est ébranlé, avec une stratégie qui reposait sur un modèle à 9,99 $. »