Prix unique du livre numérique : l’Europe donnera son avis en octobre.

Le projet de décret envoyé à la commission Européenne

L’Union Européenne vient donc de se voir confier la lecture du décrêt d’application de la loi sur le prix unique du livre numérique, décrêt d’application nécessaire pour que la loi entre en vigueur. Celle ci devra donner son avis sur ces derniers pour voir s’ils sont compatibles avec la législation des Etats-Membres.

Cela fait maintenant quelques semaines que l’on ne parlait plus du prix unique du livre numérique. Après des rebondissements à n’en plus finir, des changements de positions parfois incompréhensibles de nos politiques, et un conflit entre Sénat et Assemblée Nationale qui s’est soldé par un accord in-extremis, la loi a été finalement été votée.

Mais comme l’a souligné le député Tardy à maintes reprises (dont ici devant l’Assemblée Nationale), cela pose un vrai problème. La loi ne serait en effet pas conforme au droit Européen et pourrait donc mener tout droit à un contentieux avec l’Europe sur ce sujet.

Car maintenant, l’Union Européenne va avoir à donner son avis sur le texte avant le 26 octobre. Comment va t-elle juger cette loi que certains estiment illégale dans le cadre Européen, qui prédomine sur nos lois nationales ? On en saura plus en octobre.

Reste à voir maintenant ce qui peut encore se passer dans ce domaine. Que fera t-on si l’Europe déclare que ce texte n’est pas conforme ? Nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle surprise dans ce feuilleton sans fin…

Retour sur l’épopée du prix unique du livre numérique

Source : Clubic

Ebooks : après les applications, les web-applications ?

Apple vient de donner le coup d’envoi…

La mise au pas des acteurs de l’ebook sur l’App Store, en marche depuis Janvier dernier a laissé à ces derniers les temps de réfléchir à leur dépendance aux magasins d’applications propriétaires. Les applications web en HTML 5 sont donc la nouvelle tendance qui pourrait s’imposer…

Apple et l’achat « in-app »

Si Apple vient de gagner une bataille contre les concurrents et du coup repositionner iBooks comme la seule application proposant un achat d’ebooks depuis l’application sur iOs, le bras de fer engagé génère aussi un effet secondaire chez les distributeurs qui avaient une application : la recherche de solutions moins « dépendantes ».

Pour plus de détails, voir : Kindle, Nook, Kobo et Google…face aux nouvelles règles d’Apple

HTML 5 à la rescousse

Le HTML 5 est une évolution du code HTML, qui permet de nouvelles choses : intégration de Widgets, lecture de vidéo ou d’audio, simplification de la création d’applications web, mais aussi consultation hors connexion, voici dans les grandes lignes les nouveautés du HTML 5. Pour les applications, c’est la possibilité de proposer une expérience intégralement en ligne, avec ou sans connexion internet.

Une Web-app est en effet une application intégralement gérée depuis votre navigateur. Votre compte email en ligne, twitter ou facebook, ou encore google documents sont des exemples de Web-Apps. Vous accédez à votre application depuis tout appareil connecté.

Jusqu’ici, les Web-apps avaient un avantage sur les applications : elles peuvent être utilisées sur n’importe quel appareil, pour peu qu’il soit équipé d’un navigateur internet récent. Mais elles avaient aussi un inconvénient : elles dépendaient d’une connexion Wi-fi ou 3G pour fonctionner.

Avec le HTML5, une consultation offline, comme pour les applications, est tout à fait possible grâce à l’utilisation du cache du navigateur. Plus besoin d’être connecté en permanence donc pour pouvoir utiliser vos applications web.

Les premiers signes sont déjà là

Kobo vient d’annoncer qu’il développait une application web, qui proposera globalement les mêmes fonctionnalités que l’application iOs, sera utilisable depuis un iPhone ou iPad via le navigateur Safari, et permettra par contre d’acheter des ebooks, ce qui n’est plus possible sur la version iOs.

Je suis certain que Kindle for the Web, l’application web restée discrète depuis plusieurs mois, va très vite se dévoiler dans une nouvelle version, et que tous les acteurs de l’ebook vont lancer leur web-app sous peu.

Voilà qui pourrait venir contrarier les plans d’Apple. Et ce n’est qu’un début…

Firefox vient en effet aussi d’annoncer qu’il commençait à travailler sur un magasin d’applications Web connecté à un navigateur pour mobiles et tablettes. La plateforme open-source pourrait venir concurrencer iOs, mais aussi Android et Windows sur le terrain des applications. La fondation Mozilla veut ainsi permettre le développement d’applications web utilisables sur n’importe quel OS. Aujourd’hui, les développeurs doivent en effet créer une version pour chaque magasin d’applications.

Du côté de Chrome, le navigateur de Google, le magasin d’applications maison existe déjà, et s’appelle Chrome Web Store.

Après la révolution applications pour la lecture numérique, qui a fortement contribué à la démocratisation des ebooks, il semble que l’on va passer soudainement à l’ère des web-applications de lecture. Et pour l’utilisateur, cela ne changera pas grand chose, si ce n’est qu’il sera de nouveau possible de faire un achat directement depuis l’application.

Kindlegraph, la dédicace de livre numérique à distance.

Une nouvelle évolution de l’autographe numérique

Alors que cela fait déjà un certain temps que la dédicace d’un livre en version numérique a été rendue possible grâce à de nouvelles technologies, KindleGraph pousse le principe un peu plus loin en permettant de demander un autographe confortablement installé devant son ordinateur…

La dédicace numérique est à la mode

Depuis quelques temps, et grâce notamment au salon du livre où une séance de dédicaces était organisée par Zebook, on a pu découvrir qu’il était possible d’obtenir des dédicaces de son livre numérique préféré.

La technologie proposée par Autography fonctionne de la même manière, ajoutant l’utilisation de l’appareil photo de l’ipad 2 pour prendre un cliché. Ensuite, la dédicace sera faite avec un stylo capacitif sur un iPad relié à un ordinateur. La dédicace est donc enregistrée puis ajoutée à l’ebook.

Barnes & Noble utilise aussi cette fonctionnalité qui permet désormais de se faire dédicacer directement un ouvrage depuis le Nook Color.

KindleGraph : une  nouvelle approche basée sur la solution DocuSign

KindleGraph ajoute la possibilité de gérer cela à distance. Il suffit en effet de s’inscrire en ligne depuis un compte twitter (dommage pour ceux qui n’ont pas de compte twitter), et de demander une dédicace à son auteur préféré. Celui-ci, confortablement installé lui aussi derrière son écran pourra donc taper son texte et ajouter sa signature.

Utilisant l’API de Docusign, système bien connu permettant entre autres d’authentifier les signatures numériques, le service utilise une technologie bien rôdée.

L’auteur se connecte, voit ses demandes d’autographes, puis y répond dans l’espace qui est prévu pour cela.

 

Il ne reste plus qu’à intégrer sa signature et valider.

Le système utilisé étant DocuSign, c’est l’image de la signature, préalablement enregistrée sur DocuSign par l’auteur, qui sera utilisée. Ce n’est donc pas une signature faite sur le moment.

 

Le demandeur reçoit automatiquement son KindleGraph sur son Kindle.

Mais il y a une limite, pas bien grave, mais qui décevra les vrais fans. Afin de simplifier la tâche pour l’auteur, qui n’a pas automatiquement une interface tactile sous la main, la dédicace utilise une police qui fait penser à une écriture manuscrite, mais ce n’est pas celle de l’auteur.

Quant à la signature, le fichier image qui est ajouté, les vrais fans pourront à juste titre être un peu déçus.

Un logiciel qui va évoluer…

Idboox a pu obtenir quelques informations supplémentaires, de l’auteur de ce logiciel, un ancien de chez Amazon. Celui-ci a reconnu qu’il n’avait pas d’autorisation explicite d’Amazon pour utiliser le nom Kindle, mais que le projet serait bientôt rebaptisé. On apprend aussi qu’une 50aine d’auteurs et une centaine d’ouvrages seraient déjà listés, et qu’il sera possible bientôt de s’inscrire pour recevoir du contenu de la part des auteurs. A suivre, donc….

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Source : Kindlegraph via Teleread

Kindle, Nook, Kobo et Google…face aux nouvelles règles d’Apple

Les applications sont en train de s’adapter à la nouvelle donne Apple

Depuis le 30 Juin, date limite à laquelle les applications de lecture (entre autres) devaient se conformer aux nouvelles règles d’Apple sous peine de disparaître de l’App Store, il semblait que peu de choses se passaient. Mais depuis quelques jours, les choses s’accélèrent…

Mise à jour du 26 juillet 10h55 : l’application Google Ebooks est de retour sur iOs, sans lien vers la boutique Google Ebooks.

Apple serait-il en train de mettre sa menace à exécution ? Il semblerait que oui, et l’apparente absence de réaction d’Apple après le 30 Juin n’était manifestement que temporaire.

Le rappel des nouvelles règles

Pour faire simple, et en l’appliquant aux ebooks, on peut résumer en disant que les développeurs d’applications ont le choix entre 3 options : retirer le lien qui mène vers leur boutique en ligne, y ajouter l’achat « in-app », ou partir.

La première option consiste à retirer le lien qui renvoyait les utilisateurs vers la boutique en ligne hors de l’application, et qui évitait ainsi d’avoir à reverser 30% de commission sur chaque vente à Apple.

La seconde option consiste à autoriser l’achat « in-app », ce qui permet de garder le lien vers l’extérieur. Au client alors de choisir.

Une troisième option consiste aussi carrément à partir, ce qui n’est en général une bonne solution pour personne, même pas pour Apple qui a tout intérêt à proposer un maximum de choix sur sa plateforme.

Kobo, Nook Kids et Kindle ne renverront plus vers leur boutique en ligne

Kobo a officiellement annoncé sur son blog ce samedi 23 Juillet que les nouvelles règles d’Apple étaient entrées en vigueur un peu plus tôt dans la journée, et qu’il n’était désormais plus possible d’acheter des ebooks depuis l’application Kobo pour iOs. Kindle et Barnes & Noble ont fait de même, c’est désormais confirmé.

La solution choisie par ces acteurs est donc la première des 3 solutions possibles : il ne sera possible d’acheter qu’en sortant de l’application et en se rendant par soi-même sur le site internet. Les achats seront alors synchronisés avec l’application, qui devient une simple application de lecture dans laquelle il n’est plus possible de consulter le catalogue ou d’acheter un ebook.

Le Wall Street Journal a aussi pris cette direction officiellement, et a supprimé les liens vers son site. L’application pour iOs devient donc aussi application de lecture.

Google Ebooks choisit de s’en aller….puis de revenir ?

L’application de Google est tout simplement partie. Elle n’est plus disponible sur iOs. Google n’a pas besoin d’Apple pour vendre des ebooks, et est donc un des seuls acteurs à pouvoir se permettre de simplement s’en aller.

L’application semble finalement avoir été simplement retirée le temps de la mettre à jour. Une nouvelle version, la 1.1.1.2883 a en effet été mise en ligne le 25 Juillet, et ne contient pas de lien vers la boutique Google Ebooks.

Les dernières annonces de Google démontrent d’ailleurs que la firme est en train de monter en puissance. Google ebooks est en effet directement intégré dans l’OS android 3.0, dans l’Android Market nouvelle version (pas encore chez nous), sur les sites internet revendeurs ou affiliés, ou encore à même les readers, comme c’est le cas depuis quelques jours dans le iRiver Story HD

La sortie de Google Ebooks de l’écosystème iOs, son grand concurrent, est de toute manière plutôt logique.

Echec ou succès pour Apple ?

Si tout cela pourrait facilement ressembler à un échec pour Apple (personne n’a choisi l’option payante), on imagine mal que la firme ait aussi mal anticipé la réaction des intéressés, car le seul choix à peu près acceptable pour ces acteurs était de rester une simple application de lecture.

Plutôt que de laisser les concurrents profiter du système, Apple a ainsi limité l’impact de ceux-ci, sans pour autant les faire partir (à l’exception de Google).

Apple, avec une application iBooks qui a du mal à prendre des parts de marché, doit donc réussir un exercice d’équilibriste pour à la fois garder les applications concurrentes sur iOs et mettre son application maison dans une position avantageuse.

Le fait que les applications restent, même si elles ne payeront pas de commission, est à mon avis un succès pour la marque, qui savait très bien qu’aucune de ces applications ne peut être rentable en reversant cette commission.

Comme l’expliquait sur son blog un développeur de l’application Kobo pour iPad, aucun distributeur ne gagne 30% sur les ventes. Le distributeur est payé à la commission par l’éditeur, et il y a aussi des frais pour gérer une application.

Google dans une situation similaire ?

D’une part android a vocation à vendre toutes les applications sans discrimination, d’autre part Google veut bien sûr mettre en avant Google Ebooks, son propre service. Google a choisi la voie directe, et met donc clairement en avant son propre service.

Les ebooks de Google sont pré-intégrés dans Android HoneyComb, et une catégorie ebooks (qui ne contient en réalité que les ebooks de Google) vient d’apparaître sur l’Android market (version US), qui compte maintenant 4 catégories : applications, jeux, livres et films (nouvelle aussi).

Difficile donc pour le néophyte de voir qu’il y a un autre choix que celui d’aller chez Google.

Comme quoi, la position qui consiste à monter une plateforme ouverte à tous et à vendre son propre service au milieu des concurrents pose rapidement un problème de conflit d’intérêts.

Kindle Writer : un nouvel outil pour faciliter la publication sur Kindle

Kindle Writer facilite l’auto-publication sur Kindle

Si vous avez envie de publier votre propre ebook sur Kindle, il n’est pas toujours simple de savoir comment mettre en page son ebook. Un outil vient d’être proposé (pas par Amazon), qui permet non seulement de mettre en page de manière simple votre texte, mais aussi de le publier directement sur la plateforme.

Fonctions simples et avancées

Le logiciel semble faire ce pour quoi exactement il est prévu : aider à la publication. On peut dans la première partie écrire son brouillon. Dans la deuxième partie, on peut soigner la mise en pages, grâce à un éditeur qui fait penser aux éditeurs HTML Wyswyg. Pas besoin de connaissances poussées ici : il suffit de sélectionner dans le menu.

Le menu basique permet d’éditer le texte simplement.

Dans la partie de gauche, on trouve les possibilités habituelles d’un éditeur de texte : caractères gras, italique, souligné, alignement, justification, tailles des titres, tous les basiques sont là. On peut aussi d’un simple clic passer à d’autres fonctions plus avancées comme l’ajout d’une image, la création d’un lien vers un chapitre, des ancres, ou encore la table des matières.

La partie de droite permet de prévisualiser le résultat final, mais aussi de changer la taille des polices, entrer des caractères spéciaux, etc..

Publication depuis l’interface

Une fois le résultat obtenu jugé satisfaisant, il est possible de se connecter à son compte KDP (Kindle Direct Publishing), et d’envoyer directement son document.  Si cela est facile à faire soi-même, il est toujours agréable de pouvoir fonctionner directement depuis une interface que l’on utilise chaque jour.

Pour un guide complémentaire sur l’utilisation de Kindle Direct Publishing, je vous recommande une visite guidée très complète par Jiminy Panoz, disponible ici.

Un guide de 7 pages pour utiliser le logiciel à son plein potentiel

C’est bien un logiciel, encore faut-il savoir l’exploiter à son maximum. C’est ce qu’a compris son créateur qui propose un guide très complet (en anglais), et annonce qu’il ajoutera de nombreuses informations, astuces et conseils vers le 21 août, soit un mois après le lancement du logiciel.

Voilà qui est intéressant, car les personnes qui pourraient être intéressées par ce genre de logiciel seront certainement avides de conseils pour leur travail d’écriture.

Des évolutions prévues…

Le concepteur étudie d’autres développements possibles, et assure qu’il va améliorer en permanence son logiciel.

Au programme entre autres : ajouter des fonctionnalités pour importer du texte, améliorer la mise en pages, et même peut-être proposer un autre logiciel permettant de créer soi-même, et sans connaissance particulière, une couverture.

Mais le logiciel pourrait aussi servir à mettre ses ebooks sur la plateforme Pub!it, de Barnes & Noble, grâce à une fonction d’export HTML qui peut être ensuite utilisé sur la plateforme pour transformer ensuite les fichiers au format ePub.

Ce genre de logiciel sera peut-être adapté dans différentes langues, et des versions concurrentes pourraient aussi sortir. Le marché autour de l’auto-publication ne fait que démarrer…

La version d’essai est gratuite, et téléchargeable sur le site est limitée par le fait qu’il n’est pas possible de publier au format .mobi, utilisé par Kindle. Il est possible depuis hier de prévisualiser le résultat sur Kindle pour PC, l’application kindle gratuite de lecture sur PC.

La version payante est quant à elle proposée à 30 € (PC uniquement).

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Avec numerise.fr, transformez vos livres papier en ebooks

Le concept a atteint la France…

Vous rappelez-vous le Jisui ? J’en ai parlé dans un billet il y a quelques mois. Le concept: numériser ses livres soi-même. Mais on peut aussi le faire faire par une entreprise qui transforme ainsi vos livres en ebooks. Le concept est un succès au Japon, et démarque donc cette fois-ci en France sous l’impulsion d’un passionné.

Une bonne idée pour ceux qui veulent recycler leurs vieux livres…

Numerise.fr : premier site Français à proposer ce concept

J’ai reçu ce week-end un email de Sebastien, responsable du site numerise.fr, un site qui propose de scanner, numériser et mettre en pages une version numérique de vos livres papier.

C’est exactement le même concept que proposent les entreprises Japonaises dont j’avais parlé ici, à un détail près, car comme il l’explique dans son email, numerise.fr est le premier site de Jisui en France et apparemment le premier au monde à proposer le format Epub et Mobi, corrigés et reformatés.

Une bonne idée, donc. Mais comment fait-on un ebook soi-même ?

Faire un ebook soi-même : possible, mais fastidieux et coûteux…

Le processus pour faire un livre numérique à partir d’une version papier soi-même est plutôt fastidieux, et coûteux en matériel au départ.

Pour cela, il faut un scanner (pas trop lent), de la patience (pour scanner les pages 2 par 2 à moins d’avoir un coûteux scanner à chargement), un massicot pour couper les pages (si on utilise un scanner à chargement bien sûr), un bon logiciel OCR (reconnaissance optique de caractères) qui coûte donc plutôt cher, du temps pour corriger les erreurs une à une à la main, et les compétences et le temps (toujours lui) pour mettre en pages ensuite le livre au format ePub.

J’ai effectué l’opération à titre expérimental, et pour savoir de quoi il s’agissait lors de la publication du billet sur le Jisui, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il faut du temps, beaucoup de temps, pour faire ce travail correctement.

L’autre solution, développée au Japon : la numérisation industrielle

C’est au Japon que cette pratique s’est lancée. Alors que la transformation en ebook de ses livres était une pratique en pleine expansion au Japon, certains entrepreneurs ont eu la bonne idée d’industrialiser le processus.

Des scanners à chargement, des massicots, des logiciels et du personnel, et le tour est joué : un concept dans lequel vous emmenez vos livres et recevez un peu plus tard vos ebooks directement chez vous.

Un concept qui pose un problème juridique.

Ce genre de service fleurit au Japon, mais pose un problème aux éditeurs Japonais. Car si scanner pour soi-même est heureusement légal, le fait que des entreprises le fassent de manière industrielle pour de l’argent pose un problème de droit plus complexe. Au Japon au moins, les éditeurs contestent cette pratique, qui violerait les droits d’auteurs.

La solution pour ces entreprises se trouve pour l’instant dans une petite option à cocher lorsque l’on signe le contrat, et qui stipule qu’on s’engage à ne pas envoyer de livres que l’on a pas le droit de numériser. C’est le même genre de clause que l’on retrouve sur numerise.fr, et qui prouve que l’aspect légal a bien été compris et pris en compte.

Les éditeurs français vont-ils rester tolérants face à ce genre de pratique ? D’un côté, ils ne sont pas réputés pour leur laxisme juridique, et pourraient choisir de porter ce genre de problème devant les tribunaux, mais d’un autre côté, cela ne représente pas un véritable danger (au moins à ce stade), et le monde de l’édition a certainement d’autres chats à fouetter actuellement (l’arrivée des acteurs américains, ou encore la création d’une offre légale et attractive…).

La situation se clarifiera certainement si la pratique prend de l’ampleur.

Ce que propose numerise.fr

Si vous voulez une version numérique de votre livre, et que vous êtes prêt à voir disparaître votre livre papier dans le processus, alors voilà le service qu’il vous faut.

Numerise.fr propose en effet de numériser votre livre au format PDF image pour 5 €, de le proposer au format ePub, mobi ou PDF pour 8 € + 1 € / 100 pages, et permet de passer en priorité pour 1 € de plus.

Côté fonctionnement, deux solutions : soit l’envoi direct depuis un site d’achat (par exemple, vous achetez sur le site de la Fnac et faites livrer à l’adresse de numerise.fr), ce qui nécessite de payer en ligne, soit l’envoi depuis chez-vous, où vous envoyez un chèque en même temps que vos livres.

L’utilisateur devra s’engager à ne pas envoyer de livre tâché, déchiré, sale, abîmé, à ne pas envoyer des livres aux mises en pages complexes (de type colonne ou multiples illustrations) pour les fichiers au format ePub ou mobi, à ne pas envoyer de livre dont on n’est pas propriétaire ou qu’on a pas le droit de numériser (la fameuse clause), et il faut s’engager à respecter les droits d’auteurs et la propriété industrielle, littéraire et artistique (détails ici).

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Pour en savoir plus : le site numerise.fr et sa FAQ

Evadoc passe sous bannière Youscribe

(Tiré de Youscribe)

YouScribe, c’est :

  • un moyen très simple de publier vos écrits ou tous types de documents numériques pour les rendre publics et visibles auprès du plus grand nombre,
  • un site communautaire qui encourage le partage, la discussion et les rencontres autour du plaisir de la lecture,
  • un reader exportable pour diffuser des documents partout ailleurs sur le web,
  • un service gratuit qui vous permet de constituer votre bibliothèque numérique personnelle en puisant parmi plusieurs dizaines de milliers de publications.
L’intérêt de Youscribe est pour moi de réunir documents et livres, payants et gratuits, avec une plateforme de publication en Français, et des outils de diffusion intéressants. La plateforme permet à la fois de diffuser des documents gratuitement ou de manière payante, et propose une commission de 60% pour le vendeur, alors que le catalogue permet aussi d’offrir des ouvrages venus de l’édition.
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Et Youscribe continue d’étoffer son catalogue en permanence  : le 30 mars dernier, Youscribe a ainsi annoncé que l’entreprise venait de passe un contrat de diffusion avec Lavoisier, 1er pôle d’édition scientifique, technique et médicale en France, et qui publie chaque année en langue française plus de 300 ouvrages, traités et encyclopédies. Ce sont ainsi 765 titres numériques qui ont été récupérés, au format PDF et sans DRM.

Ce que va apporter l’intégration d’Evadoc

Le rapprochement avec Evadoc permet bien sûr à Youscribe de récupérer des documents, mais aussi les utilisateurs (30.000 membres quand même) et peut-être aussi le système de lecture payant de Evadoc. Je ne connais pas la technologie utilisée par Evadoc et ne sais pas si elle représente un intérêt pour Youscribe, mais le fait est qu’elle a été lancée par Evadoc en Mars pour permettre une consultation payante. Et sur Youscribe, on voit que l’option Streaming est très rarement proposée.

Dans tous les cas, l’intégration d’Evadoc devrait apporter de nouvelles possibilités, et au moins de nouveaux contenus et une communauté d’utilisateurs à Youscribe.

Le développement de cette plateforme est donc à suivre avec attention. Son avenir dépendra en partie de la capacité de Youscribe à maintenir une certaine qualité des publications et à ne pas être envahie par des « ebooks Spam » , des problèmes que rencontrent actuellement les plateformes d’auto-publication, celle d’Amazon en tête

Pour en savoir plus, Youscribe.

Le livre numérique : oui, payer : non !

77% des utilisateurs n’ont jamais acheté un livre numérique.

S’il y avait besoin d’une preuve de l’urgence de repenser les modèles économiques concernant le livre numérique, en voici une. Le Baromètre GFK indique que 77% des téléchargements concernent des ebooks gratuits, mais aussi que 77% des personnes interrogées s’en contentent très bien, sans avoir besoin de versions payantes. 

L’achat d’un appareil de lecture numérique représente déjà un coût important…

L’échec d’un système

Si certains pensaient que le gratuit n’empêchait pas le payant de fonctionner, qu’ils se détrompent. Les derniers chiffres de l’institut GFK, révélés par l’AFP, démontrent non seulement que plus des 3/4 des ebooks téléchargés sont gratuits, mais surtout que les 3/4 des utilisateurs n’ont jamais acheté d’ebooks. 3% seulement des utilisateurs ne téléchargent que du payant.

Le piratage atteint désormais 27% des téléchargements gratuits, preuve qu’il a bel et bien démarré, démontrant mieux que de longs discours l’absence d’alternative légale attractive.

C’est un véritable échec pour les acteurs du domaine, comme le souligne avec force Marc-André Fournier sur son blog.

Une autre étude GFK, datant du mois de mai, est à mon sens intéressante aussi pour mettre en perspective ce chiffre plus récent. La dernière étude parlait de 74% de téléchargements d’ebooks gratuits, contre 77% dans cette étude.

Peut-on encore faire payer sur internet ?

Oui, mais c’est très difficile, et cela nécessite des modèles économiques différents.

La situation actuelle est la suivante : les 3/4 des livres numériques téléchargés sont donc gratuits, Amazon vient d’annoncer un service de location auprès des étudiants (80% moins cher) qui pourrait être un modèle repris ensuite pour les autres ebooks, les premières offres d’ebooks sur abonnement arrivent (en plus de celle de Publie.net), avec des modèles économiques qui préparent un modèle comme Spotify ou Deezer pour les ebooks (gratuité ou offre premium).

Et comme seul modèle concurrent, nos grands éditeurs proposent un prix unique du livre numérique presque au prix du papier pour des ouvrages protégés par DRM. Où est l’offre légale et attractive, jugée nécessaire pour enrayer le piratage ? Nulle part. Les acteurs qui s’occupent du livre ont un mode de fonctionnement totalement archaïque, non pas en soi, mais sur internet. Le copier-coller des modèles du livre sur internet sont un échec, comme dans la musique ou le cinéma, qui cherchent toujours comment survivre à l’ère numérique.

Face au gratuit : proposer autre chose.

Il est peut-être possible de faire payer quelque chose sur internet, à l’unité, mais dans ce cas, il faut utiliser les modèles qui marchent. La vente à l’unité peut marcher, mais à prix réduit (comme les applications pour smartphone par exemple).

D’autres maisons d’édition, plus petites, et certaines exclusivement numériques, ont fait le choix de proposer des collections originales et différentes, pour attirer un autre public, avec des prix plus serrés, et l’absence de DRM. C’est déjà beaucoup mieux.

Les ebooks enrichis sont peut-être aussi une des voies dans lesquelles le consommateur aura l’impression d’en avoir pour son argent. L’enrichissement proposé, s’il est de qualité et opportun, peut en effet donner une vraie valeur ajoutée à certains types d’ouvrages.

Mais cela n’est pas une solution pour les ouvrages de littérature, dont toute la magie repose dans le talent de l’auteur pour nous emmener dans un univers qu’il ne faut surtout pas enrichir à la place du lecteur, dont l’ imaginaire fera très bien le travail.

Ensuite, c’est vers des modèles à abonnement qu’il faudra se tourner si on veut arriver à séduire un public de lecteurs. La gratuité, financée par ailleurs, est aussi un modèle qu’il faudra explorer, car d’autres le feront.

Une chose est sûre : faire payer  sur internet presque le prix d’un livre papier pour un simple fichier mis en page avec plus ou moins de soin, et équipé de protections anti-piratage qui en rendent l’utilisation parfois compliquée, voilà un modèle suicidaire…

Kindle Singles : un laboratoire pour Amazon ?

L’incontournable besoin de vérification humaine

Alors que la plateforme d’auto-publication de Kindle est depuis peu « spammée » et court le risque d’être envahie d’une vague d’ebooks plus ou moins légaux et de qualité, les Kindle Singles, nouveau format court chez Amazon, fonctionnent selon un modèle différent, impliquant une vérification humaine.

Un modèle intermédiaire doit-il être inventé ?

« Vrais et faux ebooks »

Il y a quelques années, sur eBay, le boom des ebooks a commencé, bien avant qu’on en parle dans les médias. Mais ces ebooks n’étant pas issus de l’édition, les quelques auteurs sérieux qui étaient présents ont vite été noyés dans une masse d’arnaques en tout genre, et de copier-coller d’ouvrages parfois protégés par les droits d’auteurs. Ebay a essayé de contrôler ce flux, puis a du se rendre à l’évidence, et a du se résoudre à supprimer les ebooks de ses listings.

Amazon doit aujourd’hui faire face aux mêmes problématiques sur sa plateforme d’auto-édition, avec des personnes qui voudraient profiter de la manne ebook sans pour autant avoir jamais été véritablement impliqué dans un quelconque travail d’écriture.

Ils profitent ainsi  de la principale faille du système : l’absence de vérification humaine avant publication.

Amazon va donc devoir mettre des filtres à l’entrée de son système d’auto-publication pour éviter d’en faire une poubelle, mais sans pour autant mettre de barrière à  l’entrée comme le feraient des éditeurs, sous peine que la plateforme perde une grande partie de son intérêt : donner sa chance à tous.

Un exercice délicat…

Le modèle Kindle Singles

Toute ambition de contrôler ce flux de mauvais contenu en passant seulement par des logiciels est à mon avis vaine. Les plus malins trouveront comment contourner le système et vendront même leur méthode, qu’ils mettront à jour à chaque changement.

Il faut donc revenir, au moins de manière minimale, au contrôle humain.

C’est ce qui se passe pour les Kindle Singles, ces ouvrages courts d’un nouveau genre, composé de 5000 à 30.000 mots pour moins de 5 $. Amazon mise beaucoup sur ce format, et les soumissions passent sous le regard expert de David Blum, responsable des Kindle Singles, avant une éventuelle publication. En 6 mois, 75 ouvrages ont été publiés, et on sait qu’il en sort « seulement » 3 nouveaux par semaine.

Mais on est là dans la partie édition d’Amazon (Amazon publishing), dans un domaine prometteur où Amazon tient à vérifier la qualité de ce qui est proposé. Cela démontre aussi qu’Amazon sait très bien qu’un minimum de contrôle est absolument nécessaire pour garantir une certaine qualité des contenus.

Alors pourquoi ne pas mettre en place un filtre aussi pour la plateforme d’auto-publication ?

Tout d’abord, le 1er objectif était de construire le catalogue le plus vaste possible et le plus rapidement possible. Tout filtre aurait alors constitué un frein à cette expansion. Ensuite, la vérification humaine a nécessairement un coût en personnel, coût que cherche bien sûr à éviter Amazon pour proposer des commissions intéressantes aux auteurs tout en proposant des ebooks à bas prix et en faisant sa marge. Enfin, le système fonctionnait plutôt bien jusqu’ici.

Vers un modèle hybride ?

Amazon publishing est la maison d’édition d’Amazon, qui monte en puissance. Les Kindle Singles sont vérifiés par de vraies personnes. La plateforme d’auto-publication est en place. Tous les ingrédients sont là pour passer à un autre niveau à moyen terme.

Je ne serais donc pas étonné de voir à terme un modèle hybride de plateforme d’auto-publication intégrant un système de filtrage qualitatif minimum à  l’entrée.

Les auteurs pourraient soumettre leurs ouvrages, un filtrage de qualité minimal aurait lieu à l’entrée, le gros des ebooks seraient vendus directement, et les ouvrages à très fort potentiel se verraient rapidement proposer un contrat d’édition proposé par Amazon Publishing.

Et on sait qu’un service d’impression à la demande est en phase d’expérimentation.

La vraie question sera de savoir comment opérer ce filtrage.

Certains parlent d’utiliser la méthode d’autres plateformes : un droit d’entrée payant, qui dissuaderait d’envoyer des dizaines de versions d’un même ouvrage en espérant gagner de l’argent en vendant un exemplaire de chaque de temps en temps. Avec un droit d’entrée, cette solution « spam » serait enterrée.

On pourrait aussi imaginer une solution logicielle qui alerterait des contenus dupliqués et donnerait lieu ensuite à une vérification humaine préalable avant publication.

Une solution très « tendance » pourrait aussi consister à impliquer la communauté. Là, on peut tout imaginer, comme le fait par exemple d’avoir le droit de lire des extraits de livres en pré-publication gratuitement, et de signaler pour vérification des ebooks « douteux ».

Mais il n’y a pas de solution idéale pour l’instant.

Un enjeu pour tous les acteurs.

Amazon est plus visible et manifestement plus concerné par les problématiques de « spam », mais toutes les plateformes des grands acteurs auront les mêmes problématiques au fur et à mesure que les plateformes d’auto-publication prendront de l’essor.

Barnes & Noble propose maintenant une version PRO de sa plateforme Pubit, Apple et Google ont aussi leur plateforme en place, et Kobo devrait aussi lancer la sienne sous peu.

Ce genre d’outil sera au centre de la chaîne du livre numérique demain, et devra continuer de donner sa chance à tous, être très économique (donc automatisé si possible), tout en garantissant une qualité minimale de la publication. Un défi qui sera sûrement difficile à relever…

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A lire aussi : l’article de Jimini Panoz qui fait un point très complet sur le sujet des plateformes d’auto-publication.

Kobo en Allemagne, la France en ligne de mire…

Enfin des news…mais pas de dates pour la France.

Vous êtes nombreux à demander quand Kobo arrivera en France. L’arrivée en Allemagne montre que tout est en marche, et pourrait indiquer un lancement imminent, mais le communiqué de presse reste évasif, parlant d’un déploiement dans les autres pays dans les mois qui viennent.

 

Kobo en Allemagne, ça change quoi ?

Ce qui se passe en Allemagne est une bonne indication de ce qui nous sera proposé sous peu, puisqu’on devrait trouver le même genre d’offre, en tout point. Prix du reader, importance du catalogue, ce qui se passe en Allemagne va donner le ton pour la France.

Les appareils disponibles

Le Kobo Touch est donc confirmé pour l’Allemagne, et sera disponible au mois d’août. Pour l’occasion, il faudra compter 149 €, ce qui est une mauvaise surprise. Certes, on est habitué à payer le même prix en Euros qu’en dollars, ce qui est déjà une sacrée mauvaise affaire, mais 20 € plus cher, ça fait un peu mal. Il est certain que dans le marché actuel, le Kobo Touch à ce prix n’aura aucun mal à se faire une place, même avec ce prix. C’est ainsi.

Pas de nouvelle par contre du Kobo en version « traditionnelle », que je m’attendais à voir proposé à 99 €. Cela ne signifie pas qu’il ne sera pas proposé.

Le contenu disponible

Le communiqué de presse parle de 80.000  ouvrages en Allemand, ce qui est plus que chez Kindle où on peut trouver à peu près 25000 titres. Mais il faudra ensuite vérifier la proportion de nouveautés dans ces chiffres, car on sait que beaucoup d’ebooks gratuits issus de classiques viennent fortement gonfler les chiffres, de part et d’autre.

Pour donner une idée, dans une récente recherche sur Kobo, j’avais trouvé 211208 ouvrages en Français, dont….208668 gratuits. Car il est déjà possible de trouver du contenu en Français sur Kobo.

Le catalogue en Français est déjà prêt

Il est possible de se connecter sur Kobo, puis de sélectionner la catégorie « French » (voir ici). Un bon nombre d’ouvrages est dores et déjà disponible, et cela devrait augmenter progressivement ensuite. Les prix sont en euros, signe que cela ne s’adresse pas aux seuls francophones outre-atlantique, mais bien à nous.

Une stratégie pour dominer l’Europe

La stratégie de Kobo et de Kindle est d’essayer d’être leader en premier sur un marché Européen qui n’a pas réussi à produire ses propres offres, ou en tout cas pas à en produire d’assez séduisantes pour mettre massivement la population à la lecture numérique. Ces acteurs le savent bien et comptent bien inverser la tendance, sur un marché laissé presque vierge (moins de 2% des ventes en numérique comme le souligne le président du SNE lui-même).

Pour l’instant, je n’ai pas réussi à me connecter à koboboks.de, mais j’ai réussi à me connecter à une version allemande à cette adresse. Bientôt en France, donc, mais quand ? Mystère…

Source : cme.at