Kindle, Nook, Kobo et Google…face aux nouvelles règles d’Apple

Les applications sont en train de s’adapter à la nouvelle donne Apple

Depuis le 30 Juin, date limite à laquelle les applications de lecture (entre autres) devaient se conformer aux nouvelles règles d’Apple sous peine de disparaître de l’App Store, il semblait que peu de choses se passaient. Mais depuis quelques jours, les choses s’accélèrent…

Mise à jour du 26 juillet 10h55 : l’application Google Ebooks est de retour sur iOs, sans lien vers la boutique Google Ebooks.

Apple serait-il en train de mettre sa menace à exécution ? Il semblerait que oui, et l’apparente absence de réaction d’Apple après le 30 Juin n’était manifestement que temporaire.

Le rappel des nouvelles règles

Pour faire simple, et en l’appliquant aux ebooks, on peut résumer en disant que les développeurs d’applications ont le choix entre 3 options : retirer le lien qui mène vers leur boutique en ligne, y ajouter l’achat « in-app », ou partir.

La première option consiste à retirer le lien qui renvoyait les utilisateurs vers la boutique en ligne hors de l’application, et qui évitait ainsi d’avoir à reverser 30% de commission sur chaque vente à Apple.

La seconde option consiste à autoriser l’achat « in-app », ce qui permet de garder le lien vers l’extérieur. Au client alors de choisir.

Une troisième option consiste aussi carrément à partir, ce qui n’est en général une bonne solution pour personne, même pas pour Apple qui a tout intérêt à proposer un maximum de choix sur sa plateforme.

Kobo, Nook Kids et Kindle ne renverront plus vers leur boutique en ligne

Kobo a officiellement annoncé sur son blog ce samedi 23 Juillet que les nouvelles règles d’Apple étaient entrées en vigueur un peu plus tôt dans la journée, et qu’il n’était désormais plus possible d’acheter des ebooks depuis l’application Kobo pour iOs. Kindle et Barnes & Noble ont fait de même, c’est désormais confirmé.

La solution choisie par ces acteurs est donc la première des 3 solutions possibles : il ne sera possible d’acheter qu’en sortant de l’application et en se rendant par soi-même sur le site internet. Les achats seront alors synchronisés avec l’application, qui devient une simple application de lecture dans laquelle il n’est plus possible de consulter le catalogue ou d’acheter un ebook.

Le Wall Street Journal a aussi pris cette direction officiellement, et a supprimé les liens vers son site. L’application pour iOs devient donc aussi application de lecture.

Google Ebooks choisit de s’en aller….puis de revenir ?

L’application de Google est tout simplement partie. Elle n’est plus disponible sur iOs. Google n’a pas besoin d’Apple pour vendre des ebooks, et est donc un des seuls acteurs à pouvoir se permettre de simplement s’en aller.

L’application semble finalement avoir été simplement retirée le temps de la mettre à jour. Une nouvelle version, la 1.1.1.2883 a en effet été mise en ligne le 25 Juillet, et ne contient pas de lien vers la boutique Google Ebooks.

Les dernières annonces de Google démontrent d’ailleurs que la firme est en train de monter en puissance. Google ebooks est en effet directement intégré dans l’OS android 3.0, dans l’Android Market nouvelle version (pas encore chez nous), sur les sites internet revendeurs ou affiliés, ou encore à même les readers, comme c’est le cas depuis quelques jours dans le iRiver Story HD

La sortie de Google Ebooks de l’écosystème iOs, son grand concurrent, est de toute manière plutôt logique.

Echec ou succès pour Apple ?

Si tout cela pourrait facilement ressembler à un échec pour Apple (personne n’a choisi l’option payante), on imagine mal que la firme ait aussi mal anticipé la réaction des intéressés, car le seul choix à peu près acceptable pour ces acteurs était de rester une simple application de lecture.

Plutôt que de laisser les concurrents profiter du système, Apple a ainsi limité l’impact de ceux-ci, sans pour autant les faire partir (à l’exception de Google).

Apple, avec une application iBooks qui a du mal à prendre des parts de marché, doit donc réussir un exercice d’équilibriste pour à la fois garder les applications concurrentes sur iOs et mettre son application maison dans une position avantageuse.

Le fait que les applications restent, même si elles ne payeront pas de commission, est à mon avis un succès pour la marque, qui savait très bien qu’aucune de ces applications ne peut être rentable en reversant cette commission.

Comme l’expliquait sur son blog un développeur de l’application Kobo pour iPad, aucun distributeur ne gagne 30% sur les ventes. Le distributeur est payé à la commission par l’éditeur, et il y a aussi des frais pour gérer une application.

Google dans une situation similaire ?

D’une part android a vocation à vendre toutes les applications sans discrimination, d’autre part Google veut bien sûr mettre en avant Google Ebooks, son propre service. Google a choisi la voie directe, et met donc clairement en avant son propre service.

Les ebooks de Google sont pré-intégrés dans Android HoneyComb, et une catégorie ebooks (qui ne contient en réalité que les ebooks de Google) vient d’apparaître sur l’Android market (version US), qui compte maintenant 4 catégories : applications, jeux, livres et films (nouvelle aussi).

Difficile donc pour le néophyte de voir qu’il y a un autre choix que celui d’aller chez Google.

Comme quoi, la position qui consiste à monter une plateforme ouverte à tous et à vendre son propre service au milieu des concurrents pose rapidement un problème de conflit d’intérêts.

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