Google ebooks : quelles protections anti-piratage ?

Google dans une situation inédite…

L’annonce du partenariat entre adobe et Google pour mettre des verrous numériques sur les ebooks a de quoi surprendre certains, surtout quand on sait que Google a toujours été assez fermé à cette idée, et que les ebooks seront consultables directement dans le navigateur. Mais cette fois-ci, les choses sont plus compliquées…


La protection « naturelle » : le compte Google

Puisque les lecteurs pourront lire leurs ebooks directement depuis le navigateur ou des applications, comment Google protège-t’il les liens vers les ebooks ? Très simplement, en demandant d’être connecté à son compte Google pour lire.

Certes, certains objecteront qu’il suffit de partager son compte Google. Dans les faits, c’est assez peu probable que qui que ce soit ait envie de partager des informations confidentielles avec « la communauté ».

Mais au cas où des petits malins créeraient des comptes spécialement conçus pour être partagés, Google a déjà annoncé qu’il était très facile de repérer un compte utilisé par plusieurs personnes, et qu’elle bloquerait tout compte suspect.

Mais il y a le cas des ebooks dits « de sauvegarde », qui donne la possibilité pour l’utilisateur de télécharger une version ePub ou PDF sur son propre ordinateur. La protection du compte Google n’est plus utilisable dans ce cas.

Des DRM pour les versions de « sauvegarde »

Bien que la philosophie de Google soit dans le « cloud », c’est à dire dans le fait de tout transférer dans le navigateur pour accéder à ses services depuis n’importe quel endroit, n’importe quel ordinateur, sans avoir besoin de stocker soi-même les fichiers, la possibilité pour les utilisateurs de « posséder » le fichier sur leur ordinateur était importante.

Google a donc rendu possible à tout utilisateur le téléchargement d’une version dite de « sauvegarde » pour tout ebook acheté. L’acheteur pourra donc avoir le fichier sur son propre ordinateur.

Mais si Google a toujours été plus ou moins à l’abri du piratage avec ses applications en ligne, les choses se compliquent avec cette version de sauvegarde. Et il faut bien sûr rassurer encore une fois les éditeurs.

Google, qui a pourtant toujours été fermé aux DRM a certainement du adapter sa politique pour pouvoir convaincre les éditeurs, et a donc finalement choisi de signer avec Adobe, le N°1 des DRM, qui savoure certainement un contrat en or.

La solution d’adobe, oui, mais laquelle ?

Adobe Server 4…

Pour l’instant, ce sera Adobe server 4, la version actuelle. C’est la solution de protection la plus prisée des éditeurs concernant les ebooks.

Son avantage est de permettre l’utilisation des fichiers sur différentes machines, et aussi de pouvoir acheter un fichier sur un catalogue sans être limité à la lecture sur un seul appareil. Mais elle est aussi la source de nombreux énervements pour les clients à l’activation.

…ou Adobe Server 4.1 ?

La vraie question est pour moi de savoir si Google Ebooks et Adobe proposeront la version 4.1, une version qui propose un assouplissement fort des DRM (même si cela reste un verrou numérique) et dont j’ai parlé ici même il y a quelques jours de cela.

L’assouplissement des DRM dans la version 4.1 passe par le retour à un vieux concept, celui qui est d’ailleurs toujours d’actualité pour les sites internet : la combinaison identifiant / mot de passe, cette même combinaison qui protège la consultation en ligne des ebooks de Google.

Dans la version spécialement prévue pour les ebooks par Adobe, il sera possible de lire le fichier sur n’importe quel terminal avec l’ID adobe et le mot de passe. Plus d’activation compliquée à chaque fois…

Alors, pourquoi ne pas proposer les identifiants du compte Google, ceux nécessaires pour lire la version en ligne, histoire de faire simple ? A moins que quelque chose ne m’échappe, ce doit être possible….

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