Vers des livres numériques plus courts ?

Une autre manière de lire…

En y regardant bien, il semble que le livre numérique s’oriente de plus en plus vers des formats courts : usages, supports, prix…tout concourt à une réduction du nombre de pages. L’avenir du livre numérique est peut-être bien sûr dans la mise à disposition de livres au format numérique, mais peut-être plus encore dans de nouveaux formats.


Le format court a toujours existé, mais il n’est pas toujours très intéressant pour les éditeurs. Prix du papier, frais divers, transport, personnel….un livre court n’est pas toujours facile à commercialiser. Mais à l’ère du numérique, certaines de ces limites n’existent plus.

Les ouvrages courts font recette, même en papier.

Le site publishingperspectives fait un constat très intéressant, notant que si dans le passé on considérait qu’un livre devait faire au moins 200 pages, beaucoup de Best-sellers récents sont en fait beaucoup plus courts.

Il cite par exemple On Bullshit de Harry Frankfurt , qui ne fait que 67 pages, ou encore Who Moved My Cheese, de Spencer Johnson et Ken Blanchard, un ouvrage de 97 pages qui s’est vendu à 20 millions d’exemplaires.

Bien sûr tout cela fait quand même un certain nombre de pages….mais ces chiffres concernent des livres papier. La tendance n’est donc pas limitée au numérique.

Il faut par contre à mon avis bien distinguer les lectures pratiques, dont  le but est d’obtenir une information et les lectures littéraires. Dans le premier cas, il est possible d’être assez concis pour proposer des ebooks de quelques pages proposant des informations extrêmement claires et souvent suffisantes. C’est d’ailleurs ce qui se prépare avec les Kindle Singles, et par exemple la collection Ted books.

La lecture sur smartphone impose ses standards


Beaucoup d’utilisateurs lisent aujourd’hui sur smartphone, et beaucoup liront aussi demain sur tablette. Si la lecture sur des appareils dédiés, à encre électronique est pensée pour être une lecture de type livre, sur de longues durées, ce n’est pas le cas des lectures sur smartphone par exemple.

Certains éditeurs l’ont parfaitement compris et proposent des collections « courtes ».

Je pense notamment à Leezam, qui propose des formats adaptés au numérique, et met justement en avant les formats courte, ou encore à Numeriklivres qui par exemple propose les collections « Histoires à lire debout » et « Nouvelles à lire debout », des collections volontairement courtes, et pas limitées d’ailleurs aux smartphones.


Comme on peut le lire sur le site de Numériklivres :

Nouvelles à lire debout, c’est un concept :

-Des histoires courtes, percutantes, avec des personnages forts.

-La mise en avant de l’originalité tout en alliant un contenu de qualité.

Une lecture numérique qui s’effectue par courtes périodes…

La mobilité impose aussi ses propres règles. Toutes les applications de lecture ont compris que l’argument « commencer à lire sur un appareil, et reprendre là où en en était sur un autre » était un argument clé.

Beaucoup de nouveaux lecteurs considèrent en effet la lecture aussi comme un mode d’attente entre deux rendez-vous, dans les bouchons, le métro, ou dans les moments creux. La chine est d’ailleurs très « en avance » sur ce point, comme je le soulevais dans ce billet. Mais tous ces modes de lecture ont en commun une durée courte, et une expérience de lecture interrompue.

Les ouvrages courts ont donc un intérêt particulier, puisqu’on peut envisager des lectures qui seraient adaptées à ces durées, plus longues qu’un article, mais plus courtes qu’un livre entier.

Kindle Singles : moins d’éditeurs, beaucoup d’auteurs, et des prix bas.

Toutes les raisons précédentes suffiraient à Amazon pour lancer Kindle Single, un nouveau format, plus court, qui n’existait pas auparavant. Mais il y a bien plus. Ce format, surtout adapté a priori  à des ouvrages pratiques, d’experts, pourrait à la fois donner beaucoup de vocations d’auteur, permettre à Amazon de multiplier son offre sans avoir besoin de passer par les grands éditeurs, et enfin de proposer des prix beaucoup plus bas, en phase avec l’attente des utilisateurs.

Car l’utilisateur ne veut pas un nombre de pages, mais une unité de lecture qui lui convient. Une nouvelle courte reste une lecture numérique, un ouvrage pratique sur internet reste une lecture numérique, et vendu entre 2 et 3 euros, cela pourrait remporter un véritable succès.

Au final, dans une société où tout s’accélère, la tendance sera bien évidemment à une offre nouvelle aux côtés de l’offre traditionnelle, pour toucher un nouveau public pour qui lire est important, mais qui recherche des ouvrages plus courts.

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