Des tarifs verrouillés pour les ebooks

Avec la récente pression des éditeurs, aidés par Apple, pour faire adopter le « modèle d’agence », les éditeurs réussissent à reprendre les rennes, et vont pouvoir de nouveau fixer les prix.

Avec ce modèle que j’explique brièvement un peu plus bas, les éditeurs retrouvent le contrôle des prix, et utilisent les distributeurs plutôt que d’en être esclaves.

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image : Kobo

La nécessite pour l’édition de sortir du modèle à 9,99 $ !

Avant l’arrivée d’Apple sur le marché de l’ebook, Amazon régnait presque en maître absolu sur le monde des ebooks, avec selon les chiffres, de 80 à 90 % des ventes d’ebooks mondiales. Difficile de négocier pour les éditeurs dans cette situation.

Le choix d’Apple de laisser les éditeurs fixer leurs prix a donné l’opportunité aux éditeurs de sortir d’un système intenable.

Les prix pratiqués par Amazon, à perte, avaient 2 objectifs : toucher le grand public avec des prix plancher, et rendre impossible toute concurrence (Amazon avait le financement nécessaire pour vendre à perte pendant plusieurs années).

Mais l’édition savait bien qu’une fois la domination d’Amazon instaurée, les conditions avantageuses faites aux éditeurs (payés plus que le prix de vente des ebooks parfois) changeraient. De plus, de nombreux éditeurs soulignaient que ces prix bas dévalorisaient les produits.

C’est l’arrivée d’Apple sur le marché qui a permis aux éditeurs de reprendre la main.

Le modèle d’agence : une nouvelle manière de gérer les prix qui ne fait pas les affaires d’Amazon.

Le modèle d’agence consiste pour les éditeurs à fixer les prix, en gardant 70% du prix de vente, et en laissant 30 % aux distributeurs. Les prix sont fixés en général entre 12,90 et 14,90 $ lors du lancement.

Avec un système de prix dynamique, qui changerait avec le temps, un ebook pourrait voir ses ventes optimisées sur sa durée de vie. Ainsi un ebook aurait plusieurs vies, à plusieurs prix.

Or Apple a tout de suite accepté ce modèle d’agence. Les éditeurs ont donc signé sans problème avec Apple, mais ils ont aussitôt décidé, Macmillan en tête, d’exiger ces conditions chez Amazon. Après une vaine résistance, Amazon a du céder et abandonner le modèle sur lequel sa stratégie reposait.

Un tel modèle est-il transposable en France ?

La France voudrait se doter d’une plateforme unifiée pour concurrencer les grands distributeurs Américains. Si le but est d’être compétitif sur les prix en évitant d’avoir une commission de 30 % à payer, alors pourquoi pas .

Dans ce cadre, on peut envisager que les éditeurs Français veuillent aussi être maîtres des prix pratiqués. Une solution type modèle d’agence serait alors une bonne idée.

Reste à voir si éditeurs et politiques arriveront à s’entendre, et si ils auront réellement à coeur de créer une offre séduisante pour le consommateur. A moins que le but soit d’ imposer de force au consommateur un prix égal ou proche de celui du livre, par une sorte d’ « entente » sur les prix.

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