Le nouveau business du prêt des ebooks

Des startups se lancent dans la mise en relation des prêteurs et des emprunteurs d’ebooks…

Cela fait quelques jours à peine que Kindle a lancé le prêt d’ebooks, un concept lancé par Nook, et qui était impatiemment attendu par les lecteurs. Et déjà, la communauté s’est mobilisée pour organiser concrètement le prêt d’ebooks, aidée pour cela de quelques startups qui ont flairé le marché.

La fonction « prêt » de Kindle

Prêter ou emprunter un livre numérique ? Les utilisateurs en rêvaient. La fonction est sympathique, et l’économie est à la clé. Nook avait déjà lancé cette fonction il y a un certain temps, et Kindle propose désormais la même chose.

La fonctionnalité permet tout simplement de prêter son livre numérique à un ami pour 14 jours, pas un de plus. Pendant ces 14 jours, on ne peut plus soi-même accéder à son livre. On retrouve donc l’idée du « vrai » prêt de livre physique, à la différence que ce dernier revient tout seul dans la bibliothèque.

En tant qu’emprunteur, rien de plus simple : on reçoit cette invitation d’Amazon

Quel intérêt peut-il y avoir à ce système pour Amazon ?

Amazon avait d’abord parlé de « blague » lorsque Nook avait sorti sa fonction de prêt. Le point de vue a manifestement évolué.

Amazon a peut-être réalisé que sur la quantité de personnes utilisant cette solution, une partie pourrait « oublier » de finir son ebook avant la fin des 14 jours, et pourrait vouloir acheter l’ebook pour le finir. Mais le prêt aura aussi un autre effet, celui d’augmenter la création de comptes Kindle par des amis qui voudraient profiter de ce prêt de livres sur leurs smartphone, leur PC, mac, iPad, et pourquoi pas même sur un kindle par la suite. L’effet viral du prêt est donc très appréciable…

La fonction prêt, concrètement

Mais revenons à l’utilisation de la fonction prêt. Elle n’est pas vraiment compliquée, mais elle n’est pas non plus facilitée, puisqu’il faut passer (au moins pour l’instant) par son compte, sur un navigateur, et que la fonction n’a pas été implémentée directement depuis les applications ou le Kindle.

Il faut donc d’abord se connecter à son compte sur Amazon, puis savoir où trouver l’information concernant la possibilité ou non de prêter l’ebook.

Pour un ebook pas encore acheté, vous trouverez l’info présentée comme ceci :

Pour un ebook déjà en votre possession (et acheté chez Amazon), l’info est présentée au dessus du titre :


Mais cette fonctionnalité n’est pas très intuitive, ne permet pas de recherche globale, et on n’a pas toujours un ami sous la main qui possède une collection assez immense pour y trouver ce qui nous intéresse.

C’est de ce besoin insatisfait que part un vrai système communautaire, mais aussi financier…

La communauté s’organise…

On pouvait se douter qu’il y aurait une organisation rapide de petits groupes pour se prêter des ebooks Kindle. Après tout, il est possible de prêter son ebook à n’importe quel ami, mais nous n’avons pas tous un ami qui lit des ebooks Kindle (surtout en France, bien entendu).

Mais depuis quelques jours, on a vu de nouveaux services fleurir autour de cette possibilité de prêt. On trouve des groupes sur facebook, et même des pages spéciales sur certains sites pour partager des ebooks Kindle. Les forums sont aussi bien sûr de la partie.

L’arrivée des startups

En quelques jours, plusieurs startups viennent de présenter leurs sites pour organiser le prêt de manière beaucoup plus efficace et tenter de profiter ce cette demande. Cela me fait d’ailleurs penser au modèle des premiers sites de co-voiturage, qui ont organisé cette pratique en mettant en relation les personnes intéressées via internet.

Pour les ebooks, il est donc possible après inscription de proposer ses ebooks au prêt, mais aussi de chercher des ebooks à emprunter, toujours pour une durée de 14 jours. Le moteur de recherche simplifie alors grandement les choses.

Les nouveaux acteurs sur le créneau sont par exemple Kindle Lending Club, et LendInk, Ebookexchange ou encore plus récemment EbookFling, dont je parle ici,  les 3 derniers ayant la particularité de ne pas se limiter au Kindle, mais de concerner aussi Nook.

Le cas Kindle Lending club est intéressant. Une interface simple, limpide même, avec 2 gros boutons : un pour prêter, et un pour emprunter.

Comme on peut le voir sur l’image ci-dessus, il y a plusieurs boutons (prêter, emprunter, et acheter). Et c’est ce dernier point qui est le plus important en réalité, car il permet à ce type de club de finalement faire de la publicité pour les produits Amazon. Car bien sûr, si des startups se lancent aussi vite, c’est qu’il y a beaucoup d’argent à gagner, et pas seulement par cet esprit de partage qui anime internet.

Comme de nombreuses recherches n’aboutissent pas toujours, loin de là, sur un ouvrage disponible au prêt (14 jours et un prêt à la fois), il est possible de se « rabattre » sur un achat. Ce genre d’approche permet donc de mettre en place un joli business model basé sur l’affiliation, comme le montre d’ailleurs cette phrase discrète en bas du site :

KindleLendingClub.com is a participant in the Amazon Services LLC Associates Program, an affiliate advertising program designed to provide a means for sites to earn advertising fees by advertising and linking to Amazon.com.

…ce qui signifie pour les non anglophones que ce site est officiellement un affilié des produits d’Amazon. C’est d’une certaine façon une bonne nouvelle pour les utilisateurs, car le site ne risque donc pas d’être attaqué par Amazon, tant que ses pratiques ramènent des ventes.

Un concept attrayant, s’il reste dans certaines limites…

Pour Amazon et pour les éditeurs, ce genre de club est plutôt une bonne opération. Cette fonction de prêt décourage une partie du piratage, est un argument de vente supplémentaire, et permet de générer des ventes inespérées chez ceux lassés d’attendre un prêt et chez ceux qui n’ont pas fini leur livre dans les 14 jours. Pourtant, les éditeurs semblent prudent, et ils n’ont pas tort.

L’avenir de ce concept pourrait en effet être transformé par l’inventivité de la communauté. Car dans l’absolu, si les clubs actuels ont intérêt à ce qu’il y ait un maximum de ventes, une communauté motivée pourrait proposer le même genre de service, avec un objectif totalement différent, celui de créer une bibliothèque numérique participative totalement rationalisée afin que chacun dépense le moins possible.

Amazon a donc plutôt intérêt à laisser faire les startups, car leur modèle commissionné leur garantit que ces acteurs serviront les mêmes intérêts financiers. La solution actuelle permet en effet un équilibre idéal entre la nouvelle possibilité offerte aux lecteurs de lire gratuitement, et une visibilité accrue des produits, qui génère des ventes indirectes.

Mais cela est à n’en pas douter un virage important dans la manière dont nous consommerons les ebooks demain.

Images : Amazon, et Kindle Lending Club

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