Les lecteurs à encre électronique ont-ils un avenir ?

L’encre électronique couleur ne sera pas la solution à tout…
Plastic Logic annonce que son multi-retardé et bien nommé lecteur « QUE » sera finalement retardé une fois de plus pour sortir directement en version couleur en 2012. Une parfaite illustration de la crise profonde traversée par ceux qui ont parié sur l’encre électronique…


L’encre électronique: une technologie qui ne séduit pas !

L’encre électronique a toujours été présentée comme la solution idéale pour la lecture, incomparable pour l’utilisateur qui « ne lira jamais sur écran lcd ».

L’iPad a fait éclater tout cet argumentaire en réussissant l’impensable : être apprecié pour la lecture. Cela vient en partie de son écran IPS, très confortable à l’usage. C’est plus le poids de l’appareil que l’écran qui semble poser problème pour lire.

Les tablettes sont désormais considérées comme une solution idéale par la grande majorité des utilisateurs, car on peut lire, mais pas seulement.

Et pour ne rien arranger, des technologies comme celles de Liquavista et Mirasol vont bientôt permettre de commercialiser des écrans couleur gérant les animations, un confort de lecture identique à l’encre électronique, utilisables en extérieur sans reflets, et avec des autonomies record.


La couleur: fausse solution miracle pour les lecteurs d’ebooks.

L’encre électronique couleur, à l’état de prototype, est vue à tort comme une bouée de sauvetage !

La couleur n’est pas LA solution, c’est une simple évolution.

Les fabricants d’écrans e-paper ont intérêt à vendre la couleur comme ‘LA solution’ aux fabricants de lecteurs d’ebooks. Pourtant, ce n’est peut-être pas la clé. La couleur ne changera pas fondamentalement l’attitude des consommateurs, car elle n’apporte pas grand chose à la lecture. Le consommateur ne dit pas non à l’encre électronique, il dit non aux appareils qui ne font qu’une seule chose.

Le concept qui marche actuellement est le suivant : un appareil multi-fonctions, dont les fonctions sont accessibles sous forme d’applications. Un concept démocratisé par l’iPhone, repris par l’iPad, et que copient tous les concurrents, qui créent leurs magasins d’applications. Même Kindle travaille sur la question.

Pour le lecteur d’ebooks e-paper, le défi est trop grand : venir concurrencer la tablette sur son propre terrain est tout bonnement impossible. La technologie d’encre électronique n’est pas conçue pour l’animation ni pour la vitesse. En tout cas pas la technologie actuelle.

L’encre électronique est conçue pour un affichage statique…

La technologie utilisée dans l’encre électronique est mécanique. Des capsules réagissent à une impulsion électrique et le contenu de la capsule change d’emplacement. La meilleure manière de comprendre cette technologie est de regarder cette infographie du journal ‘le monde’.

Face aux technologies emmergentes proposées par Liquavista et Mirasol, mais aussi Pixel QI, il suffit de regarder les résultats pour comprendre que l’encre électronique couleur, même si elle évolue de manière très rapide (exemple ici avec Fujitsu), ne peut pas rivaliser.

L’encre électronique couleur proposera peut-être des couleurs parfaites et la gestion de la vidéo, mais dans combien de temps ?

La guerre des nouveaux écrans : le coup fatal !

Les projets de Liquavista et Mirasol font réagir les fabricants d’écrans LCD et OLED. Les deux dernières technologies se livrent déjà une guerre acharnée. Désormais, ils vont se battre contre des technologies permettant un plus grand confort de lecture, des autonomies record, et l’utilisation possible en extérieur grâce à des écrans sans rétroéclairage. Et ce genre de combat fait toujours évoluer les technologies à des vitesses record.

L’encre électronique n’avait vraiment pas besoin de ça !

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La stratégie des prix bas : la vraie solution ?


Difficile à encaisser pour les fabricants de lecteurs d’ebooks qui ont tant investi : la prochaine révolution n’est pas le lecteur, c’est la tablette tactile ! C’est ainsi : le lecteur d’ebooks ne pourra pas rivaliser dans le coeur du consommateur.

Les projets de lecteurs grand écran, chers, sont les premiers touchés. Ils coûtent trop cher comparés aux tablettes. Ils ne se vendront pas, ou pas assez.

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Mais cela ouvre peut-être de nouvelles perspectives.

Les lecteurs e-paper pourraient en effet avoir un énorme succès si ils sont plus adaptés à la mobilité, légers, utilisables en extérieur, peu fragiles, et vendus à des prix très bas. Si la lecture de livres numériques explose (avec une offre gratuite conséquente), l’encre électronique pourrait devenir plus séduisante, car il semble que les coûts de production peuvent être vraiment réduits.

Beaucoup de fabricants ont commencé à baisser les prix (Sony par exemple), et certaines marques pourraient suivre rapidement (déjà prévu pour Nook). Certains comme le Kobo reader se positionnent aussi sur les bas prix (150 €), et à n’en pas douter, la barre des 100 € sera atteinte avant la fin 2010 sur certains modèles.

Les consommateurs pourraient bien craquer pour un lecteur à encre électronique, pour peu qu’elle soit beaucoup moins chère que les tablettes.

Les premières tablettes à bas prix arrivant aussi, (Archos propose une tablette 7 pouces à 149 €, avec des fonctions ebooks), et avec des dimensions plus adaptées à la mobilité que les tablettes plus chères.

C’est donc peut-être dans les prix plancher que se trouve le vrai positionnement, et avec la couleur, tant qu’à faire. Et c’est d’ailleurs ce que préconisent certains experts aux marques qui produisent des lecteurs.


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