Technologies et lecture: (1) l’encre électronique.

1er billet d’une série dediée à la lecture sur écrans.
Alors que le livre numérique arrive, et que les débats d’experts opposent les différentes technologies, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. La notion d’encre électronique elle-même n’est pas parfaitement claire pour tout le monde. On va donc commencer par là !


L’encre électronique, c’est quoi et comment ça marche ?

Image tirée de l’excellente infographie du journal « le monde ». Cliquez dessus pour y accéder.

Encre électronique, e-paper, papier électronique….on s’y perd un peu.

Le e-paper (ou papier électronique) est un système fait de deux feuilles de plastique fines et flexibles. Ces feuilles ‘emprisonnent’ l’encre électronique. On parle donc de e-paper pour désigner les écrans.

L’encre électronique, utilisée dans les écrans e-paper, est une technique d’affichage constituée de micro-billes qui changent de place ou dont les pigments changent de place en fonction d’un champ électrique.

Le terme d’encre électronique recouvre pour l’instant deux technologies (illustrées à gauche).


Comment fonctionnent les écrans qui utilisent cette technologie ?

« Contrairement aux techniques d’affichage classiques qui nécessitent un rétro-éclairage ou l’émission d’électrons, le papier électronique est purement réflectif et utilise la lumière ambiante de la même manière que le papier classique. Un papier électronique doit pouvoir afficher du texte et des images indéfiniment, sans consommer d’énergie, que ce soit pour l’affichage ou pour un éventuel système de traitement de données, et doit permettre le changement de ce qu’il affiche. La plupart des papiers électroniques consomment de l’énergie uniquement lorsque le lecteur clique pour tourner la page. Les pixels d’un tel système doivent donc posséder plusieurs états distincts stables, de manière à garder intact le contenu affiché en l’absence de source d’énergie. »

Extrait tiré de Wikipedia

L’illustration ci-dessus vous montre le deuxième type d’encre électronique, dont les pigments montent ou descendent dans la capsule en fonction de l’impulsion électrique. Si l’impulsion est négative, les pigments blancs, chargés positivement, remonteront. Si par contre l’impulsion est positive, les pigments blancs descendent pour laisser place aux pigments noirs, chargés négativement, qui alors remontent. Il ne reste plus qu’à appliquer une impulsion spécifique à chaque micro-capsule pour générer le texte ou la représentation désirée.


Une technologie bien adaptée à la lecture des livres numériques !

Les applications pour les écrans e-paper sont surtout destinées à l’affichage. Si pour l’instant, malgré quelques essais, l’affichage publicitaire e-paper n’est pas encore très développé (la couleur manque), c’est un des champs dans lequel l’encre électronique trouvera sûrement des débouchés à l’avenir.

En attendant, c’est donc pour la lecture que ces écrans sont très recherchés. Des dizaines de nouveaux modèles de lecteurs d’ebooks sortent chaque mois, tous ou presque équipés d’écrans utilisant la technologie d’encre électronique.

Seule limite : si l’encre électronique est vraiment adaptée à l’affichage, le noir et blanc et le rafraîchissement de l’écran entre chaque affichage sont des limites importantes à l’heure des appareils multi-fonctions. Un lecteur dédié peut donc sembler très cher pour les possibilités offertes.

Heureusement, une baisse des prix vient de s’amorcer, et ces dispositifs vont coûter de moins en moins cher.

Pour ce qui est donc de la lecture de livres numériques, les avantages sont nombreux par rapport aux autres types d’écrans.

  • Autonomies records (on compte en jours et semaines).
  • Lisibilité parfaite en extérieure (pas de reflets).
  • Confort de lecture optimal.
  • Possibilité de lire sous des angles variés.
  • Finesse et légereté des dispositifs.

Sur ce dernier point, l’encre électronique dispose en effet d’un avantage sur toutes les technologies concurrentes : une finesse record qui permet même de créer des écrans souples.

La couleur pour très bientôt…

Tout d’abord, il faut faire une distinction entre l’encre électronique couleur, et de nouvelles technologies qui permettent les mêmes résultats avec en plus la gestion des animations et de la couleur. Ces technologies, développées par Pixel Qi, Liquavista et Qualcomm, utilisent des approches différentes et feront l’objet d’un billet spécifique.

Mais l’encre électronique couleur arrive aussi, avec des résultats plus modestes. Bien que théoriquement, il suffit d’ajouter à l’écran monochrome un filtre optique coloré, les choses semblent plus compliquées ensuite.

En effet, les vitesses de rafraîchissement sont longues, et on ne peut toujours pas gérer de véritables animations. Un vrai souci aujourd’hui, à l’ère du multimédia qui s’infiltre partout.

Pourtant, les progrès sont rapides, et Fujitsu, qui en premier avait sorti en mars 2009 son lecteur Flepia à encre électronique couleur, vient d’améliorer sa propre technologie, et pas seulement un peu. Des résultats assez impressionnants, et des couleurs beaucoup plus vives qu’avant, illustrés dans la vidéo ci-dessous.

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